Les cobayes humains du Guatemala

Plusieurs enquêtes officielles ont été lancées suite aux révélations de l’Automne 2010 sur cette « expérimentation médicale », aussi bien par le Président du Guatemala Alvaro Colom qu’aux Etats-Unis. Barak Obama avait quant à lui ouvert une commission présidentielle de bioéthique.
Les premières conclusions de cette commission, dirigée par Amy Gutmann, viennent d’être rendues. 125 000 documents originaux des archives publiques et privés ont fait l’objet d’une étude minutieuse aux USA et au Guatemala.
5500 victimes, parmi les populations les plus fragiles, tels les orphelins, les malades mentaux, les prisonniers et les prostitués ont servi de cobayes à une équipe de médecins venus des USA. De 1946 à 1948, cette équipe de médecins nord-américains a sciemment contaminé cette population par des maladies vénériennes.
1300 guatémaltèques ont ainsi été contaminés par la syphilis alors que 700 d’entre eux seulement auraient été ensuite traités contre la maladie. Des expériences pilotées par le gouvernement américain et financées par le National Institutes of Heath (l’Institut National de la Santé) pour étudier les effets de la pénicilline.
Aussitôt l’affaire éclatée en octobre 2010, Hillary Clinton et la ministre de la santé présentaient déjà leurs excuses au Guatemala avant même que la commission soit mise en place. Une affaire qualifiée de honteuse et immorale pour l’histoire clinique de la médecine par le directeur de la commission de bioéthique lui-même Amy Gutmann.

